Jenny Paria ou l’artiste qui joue le Griot moderne à Goma

L’artiste Jenny Paria rappeur et slameur est revenu sur scène pour une deuxième date, le samedi 30 janvier, de sa tournée  » Le Griot qui rappe « . Cet artiste congolais, évoluant à Goma dans le collectif Goma Slam Session, a mixé, par ses textes, l’ancienne Afrique remplie de griots et le monde actuel, dont l’âge juvénile se tourne vers le style de musique Hip Hop, importé de l’Amérique.

Par David KASI

En Afrique Noire, avant l’époque coloniale, et bien avant encore, la littérature était parlée en langue vernaculaire. Par cela, sa conservation ainsi que sa transmission de génération en génération étaient l’apanage des maîtres de la parole, plus spécialement du porteur de la parole : le Griot. Cette littérature orale était très active, elle participait à la vie communautaire au même titre que les autres activités, comme la chasse ou la construction.

Partant de ce contexte, Jenny se veut être le Griot moderne en usant de son sens de rappeurr tout en portant de messages approfondis de connaissances, abordant plusieurs sujets de la vie courante. Durant cette deuxième date, qui a connu une participation réduite dûe aux restrictions de la lutte contre le Coronavirus en RDC, Jenny a chanté la femme, la politique, ses chagrins et ambitions tout en mettant l’accent sur les modes, l’attrait de l’Occident européen ou américain dont tant de ses contemporains sont victimes, l’appât du gain à l’étranger, phénomène bien réel, que l’on ressent très fort en Afrique occidentale surtout.

Le Griot qui rappe, qui a connu sa première date en septembre 2020 et qui compte poursuivre son bonhomme de chemin, est un mélange d’un monde Hip-Hop slam avec le monde classique africain. L’artiste essaie de mettre en avant les valeurs africaines adaptées à la génération actuelle. C’est cette intimité de Jenny avec ces deux mondes.

Actuellement, comme l’a souligné Kibalabala N’sele, chez les africains, les contes, les récits de l’homme confronté au cosmos, en dehors de toute préoccupation littérale, nourrissent les palabres et les rêveries. La lutte contre l’oubli a commencé à l’aide de l’écriture et de l’imprimerie mais, malheureusement, les sociétés, les groupes et les institutions qui doivent veiller à la survie de la  » Cultire de base  » assurent plutôt l’immatriculation des individus par des modèles autres et étrangers. Peu comme N’sele, c’est le combat de Jenny.


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