À l’école du « Professeur » Bob Marley

Il eût été encore de ce monde, Robert Nesta Marley alias Bob Marley aurait eu, le 06 Février dernier, 76 ans d’âge.
Né en 1945, l’îcone mondiale du Reggae, première « Super-star »originaire d’un pays pauvre(la Jamaïque pour ne pas la citer), n’avait que 36 ans lorsqu’il quitta cette Terre des humains, le 11 Mai 1981,terrassé par un cancer de cerveau. Cette année, 2021, marque donc le quarantième anniversaire de sa disparition.

Un billet de Akramm Tumsifu Kandeke

« Pourquoi prendre la vie au sérieux puisque façon, on en sortira pas vivant? », disait-il. En éffet, même lorsqu’on est le grand Bob Marley, à la fin, comme le disait si bien Staline, c’est la mort qui finit par l’emporter. Cependant, quand on considère l’immensité de son infuence, on croirait que Bob Marley était toujours vivant! Sa mort, il y’a de cela quarante ans, n’aura donc été que physique; Bob Marley, comme tout grand artiste, restant vivant par sa musique riche en leçons et par ses pensées riches en morale et en humanité. En éffet, cet homme qui,tout jeune, a d’abord travaillé comme soudeur avant de se lancer dans la musique, peut,à juste titre, être consideré comme l’un des plus grands penseurs et humanistes du XXième siècle. Cette affirmation peut bien être éttayée par un simple parcours de l’oeuvre artistique de celui qui a popularisé et fait partout connaître le mouvement Rastafari(auquel il a adhéré en 1966). On l’a entendu dire que « ce que la vie m’a enseigné, j’aimerais le partager avec ceux qui veulent apprendre ». Et c’est éffectivement ce qu’il faisait, c’est ce qu’il a fait durant toute sa riche carrière artistique.

● ”Concrète Jungle”

En 1971, quand sort sa chanson « Concrète Jungle », Bob Marley a dejà à son actif un répertoire de plus de 300 chansons mais, hélas, pas de succès(sa première chanson connue, « Judge not », date de 1962 quand il n’avait que 17 ans).
Loin de se décourager cependant, il ne laisse pas s’ébranler sa confiance en lui. Dans « Concrète Jungle » on l’entend chanter: « Je dois me rélever moi même de par Terre » montrant qu’il est le maître de son déstin sans pourtant prétendre le connaître.
Deux ans plus tard, il sortira la chanson « Get Up, Stund Up »dans laquelle il invite son auditoire à se lever pour ses droits mais aussi pour mieux apprécier la vie. Cette dernière étant selon lui bien plus précieuse que l’or. C’était aussi pour lui l’occasion de rappeller à tout celui qui voulait l’entendre qu’il avait aussi une tête capable de réflexions et donc, pouvait penser de lui même et non continuellement rester là à se laisser berner.

● Gare aux manipulateurs…
”Get Up, Stund up” est aussi un claire avertissement aux spécialistes de la manupilation: « Tu peux berner certaines personnes parfois, mais tu ne peux berner tout le monde tout le temps! » Mais aussi une attaque sevère à ceux qui enseignent à leurs ouailles que le bonheur ne se retrouve que sous Terre: « Prêtre, ne me dit pas que le paradis est en dessous de la Terre, je sais que tu ne sais pas ce que vaut réellement la vie, c’est bien plus que de l’or »; y attend-t-on. Pour Bob Marley, un prêtre qui n’a rien à promettre à son croyant que la mort pour aller au paradis en lieu et place de l’apprendre comment vivre et se créer le bonheur vivant, n’est pas moins pire qu’un politicien. Bob réjoint ainsi Platon qui disait que « chacun, parce qu’il pense, est seul responsable de la sagesse ou de la folie de sa vie, c’est-à-dire de sa destinée ».
La chanson « Natty Dread » que Bob Marley sort en 1975 se résume quant elle comme suit: »Essaie de devenir ce que tu veux plutôt que de devenir ce qu’ils veulent que tu sois ». En éffet, peu importe la vie que vous mènez, vous ne pourrez jamais satisfaire tout le monde. Et les hommes ne seront jamais unanimes sur leur façon de vous voir mener votre vie. Pour Bob Marley, l’essentiel c’est: « Ouvre tes yeux, regarde avec! Est-tu en accord avec la vie que tu mènes? » Ainsi, celui qui écoute Bob Marley dans « natty dread » est appellé à mener la vie qu’il se veut.

● Le prix du changement

Ceux qui veulent le changement devraient écouter les chansons « Révolution »(1975) et « Jammin »(1977). Dans la première, Bob invite ceux qui veulent l’écouter à se méfier des cadeaux des politiciens: « Ne permet jamais à un politicien de t’accorder une faveur! Ils veulent vous controler pour toujours ». Il rappelle aussi la quintéssence de la révolution(le changement): « la révolution apporte la solution ». Avoir peur du changement ne résoud rien. Biensur, avant de vouloir le changement pour les autres, et pour mieux l’accueillir, vous devez d’abord changer vous même.
Dans la seconde( Jammin), Bob Marley rappelle que le changement à un prix à payer et donc, vouloir le changement signifie être prêt à accepter le prix qu’il exige. « Aucune balle ne pourra nous arrêter maintenant, nous ne mendierons pas et nous ne nous inclinerons pas. Nous ne pouvons être achetés ni vendus! »; dit-il. Un vrai révolutionnaire a comme caractéristiques le courage,la détermination, l’intégrité, l’honnêteté, la motivation, l’espoir mais aussi la vision; le tout derrière l’amour. « Combat le diable avec cette chose que l’on appelle l’Amour », disait Bob Marley. Le diable étant la personnifaction du mal, l’amour s’avère donc être la vraie arme qu’il faut pour combattre tout mal.

● Le chant de la redemption
Dans la chanson « Redemption song » sortie en 1980, Bob Marley prêche un important idéal pour lequel le grand militant de la cause noire, Steven Biko, est allé jusqu’à perdre sa vie: ”La Libération Psychologique”. Celle ci est l’un des principaux idéaux de la culture Rastafari. Bob Marley, dans Redemption Song, dit: »Emancipez-vous de l’esclavage mental! Personne d’autre que nous ne peut libérer nos ésprits ». Il est du dévoir de chacun de donner de la valeur à sa vie, car chacun a cette force en lui. Bob nous fait comprendre qu’il n’y a personne qui nous donnera la valeur que nous ne nous donnons pas. Steven Biko exhortait ses frères noirs Sud-Africains de cesser de se considerer comme inférieurs pour se considerer comme humains à part entière ,càd comme le sont toutes les races. Bob Marley ajoutait que « Dieu a crée l’homme en technicolor. Dieu n’a jamais fait la difference entre un noir, un blanc, un bleu, un vert ou un rose ». Le fait que certains humains villipendent les autres en violant leur dignité, est la principale source de la guerre et des troubles dans le monde. Dans la chanson « War »(sortie en 1976, et inspirée d’un célèbre discours de l’empereur Haillé Sélassié d’Ethiopie à l’ ONU), Bob Marley rapelle que « tant que la philosophie qui maintient une race supérieure et une race inférieure ne sera pas discréditée et abandonnée…il y’aura toujours la guerre! » La notion de libération psychologique, si chère à Bob Marley et à tous les adeptes du mouvement Rastafari, se sent aussi dans la chanson « Could you be loved » datant de 1980: « la route de la vie est si rocailleuse. Et il se peut que tu trébuches[…]. Ne les laisser pas te changer ou même te réaranger. Nous avons une vie à vivre ». En d’autres termes, Bob dit à tout celui qui l’écoute: « peu importe les difficultés de la vie, ne te crois pas créé pour accompagner les autres. Sois fier de ton éxistence et donne lui toute sa valeur. »
C’est un peu comme le président Gamal Nasser qui disait à ses compatriotes: « Egyptien mon frère, lève-toi! Tu as ta dignité à défendre ».

● Les soldats bisons
Dans « Buffalo Soldiers » sortie en 1983(2 ans après la mort de son auteur), c’est au devoir de connaître l’histoire que le « Prof » Marley invite ceux qui l’écoutent en leur rapellant que: »Si vous connaissez votre histoire, alors vous connaitrez d’où vous venez ». Ainsi vous connaitrez aussi où vous êtes et où vous allez. Bob Marley aimait aussi rapeller la préeminence de l’inspiration sur l’éducation. C’est ainsi qu’il a dit: »Je n’ai pas d’éducation, j’ai l’inspiration. Si j’avais fait des études, je serais imbécile ».

Il n’était pas parfait,comme tout humain, et il savait bien le rappeller: « Qui êtes pour juger de la vie que je vis? Je sais que je ne suis pas parfait et je ne vis pas pour l’être. Mais avant de commencer à me pointer le doigt, assurez-vous que vos mains sont propres ». Il dit d’ailleurs dans « Could you be loved » que « lorsque tu montres du doigt une personne, quelqu’un d’autre te juge ».
Cet Homme, qui affirmait que « la grandeur d’un homme ne se mesure pas à la richesse qu’il acquiert mais à son intégrité et à sa capacité à affecter les gens autour de lui », était aussi un as de la bonne humeur. On raconte que lorsqu’il acquit une voiture de marque BMW, il dît sans sourciller ce qui suit: « j’aime cette marque parce que les lettres BMW signifie Bob Marley and the Waillers(son orchestre donc) et non pas parce que c’est une voiture haut de gamme ». Une blague plaisante mais qui ne dévrait certainement pas rendre très contents les fabricants de la célèbre marque allemande: BMW signifiant en fait ”Bayerische Motoren Werkel”; entendez par là Manufacture Bavaroise des Moteurs (un nom pas haut de gamme contrairement aux voitures qui le portent).
Sacré Bob Marley! Il aurait dû être un éxcellent prof de philosophie celui là!!


Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *