Magic Pinokio: Nous jeunes ne devons pas être pressés, apprenons à persévérer en attendant que notre étoile brille.

Derrière la réussite des stars se cache une histoire particulière parsemée de défis relevés. L’artiste Magic Pinokio n’en fait pas exception. Né à Isiro, dans la province du Haut-Uélé, en RDC, il est musicien, chanteur, compositeur, interprète et formateur au foyer culturel de Goma, la ville touristique du Nord-Kivu.
Admiré et adulé par plusieurs pour sa belle voix, il adopte le style d’Afrofusion, un mélange du RnB avec la rumba congolaise aux sonorités africaines. Il a progressé dans la carrière musicale malgré les découragements de son entourage.

Encore enfant, Pinochet Kasay (vrai nom de l’artiste) commence à chanter dans le Groupe Gospel de l’église CBCA Birere, c’est là où la musique le passionne. Voulant évoluer on le décourage, car, raconte-t-il, à l’époque les gens pensaient que la musique était réservée aux voyous, délinquants. Il se lance dans la carrière musicale avec le vœu de changer cette mauvaise image qu’a la société au regard des musiciens.

Ses fans le surnomment Magic puisque estimant que ce qu’il fait est simplement magique. Magic se lance dans la carrière solo en 2013 et se fait connaitre en prestant sur la scène de Sanaa Week-end, un rendez-vous des artistes organisé par le foyer culturel de Goma.
Apprécie par le public, il est plébiscité un des trois meilleurs artistes représentant la ville de Goma dans la première édition du Festival Amani, en 2015.

‘’ Magic Pinokio est le premier artiste à m’avoir ébloui sur la scène du festival Amani avec la reprise de Speedin de Omarion, il a une belle âme ce garçon, j’avais fort aimé ses mélodies, sa technique et après il y a aussi sa prestance sur et en dehors de la scène.’’ témoigne Pac Mesrimes, son pair artiste. Et il poursuit ‘’ il a tout pour être un grand nom de la culture et de la chanson en Afrique, j’attends seulement son heure moi. »

Nombreuses collaborations

Avec un album en gestation, Magic Pinokio a eu plusieurs collaborations avec des artistes de la place tels que René Byamungu, Belamy Paluku… En dehors des frontières Congolaises il a collaboré avec Mani Martin et G-Bruce du rwanda, le groupe Best Life du Burundi, à l’international et a travaillé avec Kode (belgo-rwandais) résident en Belgique, puis Bolivar M’vulu (Hollando-congolais) résident à Amsterdam, un groupe de fanfare français le Martal Combo…

En 2015 lors de l’arrestation du jeune militant de la Lucha Freud Bauma et consort en plein forum à kinshasa, Magic collabore avec Wanny S-King et Nathan Skotto, sur demande des membres de la Lucha, pour enregistrer la chanson ‘’ Liberté  », un plaidoyer pour la liberté d’expression, de réunion et la mise en liberté totale des tous les prisonniers politiques etc.

‘’ On l’a écrit vite fait Wanny et moi puis on est parti en studio et direct on a fait le clip qui a été réalisé par Kelvin Batumike. Curieusement c’était l’info à la une, l’arrestation des jeunes militants, puis quand la vidéo est sortie tous les médias en ont parlé et même Amnesty international s’en est approprié et c’était parti comme ça’’ renchérit-til

Geste de compassion envers les nécessiteux

Au delà de la vie artistique, Pinokio est aussi animé par la compassion envers les nécessiteux à Mugunga, banlieue de Goma. Pour aider les enfants orphelins des ex militaires tombés au front ainsi que les démunis, Il a lancé la campagne ‘’Un moment avec eux.’’ Avec ses propres moyens, il encadre ces enfants.
« Nous n’avons pas trouvé des moyens suffisants pour satisfaire le grand besoin ressenti sur terrain. Le résultat n’a pas satisfait mais maintenant on compte faire une grosse campagne qui va réunir beaucoup de moyens pour ces enfants vu que c’est bientôt la rentrée scolaire aussi, on compte bien le faire » ajoute t-il.

Signalons que Magic Pinokio a fait ses études supérieures à l’institut supérieur des Arts et Métiers, ISAM GOMA, en planification des projets. Retenu comme formateur en chant au foyer culturel de Goma depuis Avril 2018, il a suivi des formations musicales sur le vieux continent aux conservatoires de Verviers, de Liège, de Bruxelles puis à l’institut supérieur de musique et de pédagogie (IMEP) à Namur (Belgique).

S’adressant aux jeunes, il conclut qu’il a construit une carrière depuis des années maintenant ‘’ Pour bâtir ma carrière, il m’a fallu de la persévérance et la patience, je pense commencer des démarches pour faire la fondation. On ne doit pas être pressé pour réussir; Restons surtout vrai en attendant voir notre étoile briller.’’ Puisse la jeunesse s’approprier ce conseil et éviter l’esprit d’enrichissement immédiat qui est la racine de beaucoup de maux.

Albert Sivamwanza Isse


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